Comment parler de son poids avec son médecin ?

Comment préparer ses questions, expliquer ses attentes et comprendre les décisions proposées en consultation.

Illustration éditoriale du dossier

Avant un rendez-vous où il sera question de poids, vous pouvez préparer par quoi commencer, les questions à poser pour comprendre une proposition, la manière de dire une contrainte ou une hésitation, et le résumé du plan à vérifier avant de partir. Ce dossier propose des formulations pour chacune de ces étapes, ainsi qu’un tableau de questions à choisir selon le point qui reste flou.

L’objectif est de sortir de la consultation avec une décision compréhensible et une prochaine étape identifiée. Les phrases proposées ici sont des exemples inventés pour ce dossier. Ce ne sont ni des témoignages de patients, ni une méthode validée par des professionnels de santé.

Comment ouvrir la discussion sur son poids ?

« J’aimerais parler de mon poids, mais surtout de ce qui a changé dans mon quotidien. » Vous pouvez préciser une difficulté de mobilité, une gêne alimentaire, un résultat biologique, une fatigue ou une inquiétude. Le professionnel décidera de ce qui nécessite une évaluation ; votre rôle est de décrire ce que vous vivez sans devoir déjà connaître la cause.

Une autre entrée possible : « J’ai entendu parler des GLP-1. Je voudrais comprendre s’ils font partie des options pertinentes dans mon cas, et quelles autres options existent. » Cette formulation ouvre une discussion. Elle ne transforme pas la consultation en simple formalité pour obtenir un produit.

Le guide du parcours de soins de la Haute Autorité de santé décrit la prise en charge du surpoids et de l’obésité de l’adulte comme un parcours : évaluation globale de la situation, projet de soins construit avec la personne, accompagnement des habitudes de vie et suivi régulier. Un éventuel médicament n’en est qu’un élément possible ; il n’est pas le seul objet du rendez-vous. [S87]

Quelles questions poser pour comprendre une proposition ?

Ce qui reste flou Une question possible
Le raisonnement « Qu’est-ce qui vous fait proposer cette option dans ma situation ? »
L’objectif « Quel bénéfice allons-nous suivre, au-delà du chiffre sur la balance ? »
Les autres possibilités « Quelles alternatives ont été examinées ? »
La tolérance « Quels problèmes doivent me faire vous contacter, et comment ? »
Le calendrier « Quand faisons-nous le point, et sur quels critères ? »
Le coût « Qu’est-ce qui est pris en charge et qu’est-ce qui reste à vérifier ? »

Vous n’avez pas besoin de poser toutes ces questions. Choisissez les deux ou trois dont la réponse changera réellement la suite.

Comment parler de ses contraintes pratiques ?

« Je peux cuisiner le soir, pas à midi. » « Je travaille en horaires décalés. » « Je déjeune souvent entre deux rendez-vous. » « Je ne peux pas avancer ce budget tous les mois. » Ces informations sont des contraintes du parcours, pas des excuses à dissimuler.

Une recommandation que vous ne pouvez pas appliquer mérite d’être dite, pour que le professionnel puisse l’adapter ou l’expliquer autrement. Décrivez la difficulté précisément plutôt que de répondre simplement « oui » pour terminer le rendez-vous. Une petite adaptation comprise vaut mieux qu’une liste de consignes approuvée en silence puis abandonnée. Le guide de la HAS demande d’ailleurs aux professionnels de vérifier avec la personne la faisabilité du projet de soins et de tenir compte de ses contraintes. [S87]

Les questions de budget et d’organisation des repas peuvent être préparées séparément, par exemple avec les idées de repas simples ou l’outil d’idées de repas du site. Elles ne déterminent pas le traitement, mais rendent visibles des problèmes qui influencent son organisation.

Que dire si les mots employés vous bloquent ?

Vous pouvez dire : « Quand on formule le problème comme cela, j’ai du mal à poser mes questions. Pourrait-on revenir sur les faits et les options ? » Ou : « Je comprends que ce sujet soit important. J’aimerais qu’on m’explique ce que cette mesure change concrètement dans la décision. »

Il n’est pas nécessaire d’attribuer une intention au professionnel pour exprimer l’effet d’une phrase. La discussion peut rester centrée sur ce dont vous avez besoin : une explication, une reformulation, du temps ou un autre interlocuteur adapté.

Si vous souhaitez être accompagné, préparez avec cette personne le rôle que vous attendez d’elle : prendre des notes, rappeler une question ou vous aider à reformuler. Elle ne doit pas parler à votre place sans votre accord.

Et si vous hésitez encore ?

« Je ne suis pas prêt à décider aujourd’hui » n’est pas équivalent à « je refuse tout suivi ». Vous pouvez demander quelles étapes peuvent commencer pendant la réflexion, et quelles décisions ont réellement besoin d’être prises immédiatement. Le guide de la HAS prévoit d’ailleurs qu’un projet de soins puisse être différé, et ses objectifs reformulés, lorsque la personne n’est pas prête à s’y engager. [S87]

De même, demander une explication sur les effets indésirables ne signifie pas que vous avez déjà choisi d’arrêter un traitement. Si vous y pensez, dites-le : c’est une décision à discuter avec le prescripteur, pas à prendre seul après le rendez-vous. Une discussion explicite évite de laisser le professionnel deviner vos intentions à partir d’un silence.

Ce principe vaut aussi pour les informations trouvées en ligne. Apportez le titre ou la source qui vous interroge et dites ce que vous en avez compris. « Cette étude parle de telle population ; est-ce pertinent pour moi ? » est plus utile que « internet dit le contraire ». Le dossier sur la lecture d’une étude peut aider à formuler cette question.

Que vérifier avant la fin du rendez-vous ?

Prenez une minute pour résumer : « Si j’ai bien compris, la prochaine étape est… ; je dois vous recontacter si… ; et nous refaisons le point à… » Vous repérerez immédiatement les éléments manquants.

L’outil Ma fiche de consultation peut servir à préparer ce moment : vous y indiquez l’interlocuteur, votre question principale, jusqu’à trois questions prioritaires et vos notes, puis vous imprimez la fiche ou exportez son texte ; elle réserve un espace pour les consignes reçues, la prochaine étape et le contact à joindre. Tout reste dans votre navigateur : rien n’est envoyé au site et les champs s’effacent au rechargement de la page. Ne transmettez pas d’informations personnelles de santé par le formulaire public de questions générales du site.

Il est possible que tout ne soit pas résolu au premier rendez-vous. Dans ce cas, distinguez une question encore ouverte d’une question oubliée. Notez le bon interlocuteur et le prochain moment pour y revenir.

À retenir : vous n’avez pas besoin d’arriver avec une solution. Préparez les faits disponibles, ce qui est important pour vous et les questions qui vous permettront de comprendre la décision.

Sources et références
  1. Haute Autorité de santé — Guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte
    Guide validé par le Collège de la HAS le 11 janvier 2023, mis à jour en février 2024 : organisation du parcours de soins de l’adulte en surpoids ou en obésité, décision partagée, accompagnement et suivi ; ne décrit pas une situation individuelle. Consulté le 2026-10-16.

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